Lundi 12 mars 2006 : C'est l'aventure qui commence, mes premiers pas sur le chemin de l'écriture avec ce tout premier
texte répondant au thème du doute proposé par l'atelier d'écriture "imaginair" auquel je venais de m'inscrire.
LE DOUTE
Imperceptiblement, le doute avait envahi son esprit, le doute et la
peur, peur de vérifier, peur de se heurter à la réalité.
Il était fatigué de ces affrontements perpétuels, de ce climat lourd, pesant qui régnait à la maison. Décidément, être parent d'un adolescent prenait aujourd'hui des allures
de chemin de croix.
Il lui semblait pourtant que tout avait été plus facile avec les trois aînés. Etait-ce l'évolution de
la société vers toujours plus de permissivité et de laxisme ou son âge, il approchait de la soixantaine, qui lui jouaient des tours et contre lesquels il était vain de
lutter.
Il se sentait las, vide de toute énergie. L'envie de se battre pour maintenir le cap d'une famille
unie par un noble état d'esprit l'avait quitté. Il ne trouvait plus la force de défendre envers et contre tout, ces valeurs auxquelles il croyait tant: respect,
honnêteté, partage, échange, tolérance...
Il ne rêvait que d'harmonie, de paix quotidienne, de calme, de joies et d'idéaux partagées et pour
cela, il était prêt à ne pas voir, à se mentir et à égratigner son estime de soi.
Fermer les yeux pour ne pas être anéanti.
Il ne savait plus que faire, quoi dire. Et pourtant ! Il avait fait preuve de diplomatie, de
compréhension, de disponibilité.
Malgré tout, il avait toujours l'impression de déranger, d'agacer, d'être en trop, et parfois, le tenaillait l'envie de partir. Il ne voulait plus qu'on l'associe à la
colère, aux cris, à la mauvaise ambiance alors que tout son être tendait vers l'amour.
Tout ce retournait toujours contre lui. Il ne savait plus comment aborder les problèmes et chaque fois, il restait encore plus seul.
Il était néanmoins persuadé d'avoir raison : il se devait d'éduquer, de guider, de fixer des limites, c'était son rôle de père.
La fuite, il n'en doutait pas, n'était pas une solution mais aujourd'hui, il n'en voyait pas d'autre. Il allait capituler car il ne supportait plus le conflit, il avait trop
besoin d'amour.
Attendre, attendre des jours meilleurs, espérer ! Croire à une déviance passagère liée à l'adolescence et tenter de survivre à la blessure infligée.
Garder malgré tout confiance, confiance en l'intégrité de cet enfant, qui sans doute le vole !
Vos empreintes !